
Après 6 mois de mobilisation à travers la France, les ONG partenaires de la campagne « Non-assistance à mère en danger » vous invitent à mettre un dernier coup de pression ! Le 18 septembre prochain, à Paris et dans d’autres villes en France, venez participer à une grande flashmob pour rappeler à Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner leurs engagements en matière de santé maternelle. A quelques jours du Sommet des Nations unies sur les OMD à New-York, prenez part à une action spectaculaire en hommage à celles qui risquent leur vie pour la donner.
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Dimanche dernier, le G8 a décidé de s’engager à hauteur de 5 milliards de dollars sur cinq ans en faveur de la santé materno-infantile. Six autres pays, qui ne sont pas membres du club, et la fondation de Bill et Melinda Gates ont accepté de participer à cette Initiative de Muskoka à hauteur de 2,3 milliards sur cinq ans, mais la Fondation Gates versera à elle seule 1,5 milliards de cette somme. La France, quant à elle, a annoncé une contribution au rabais de 100 millions d’euros par an.
La santé maternelle et infantile : priorité du sommet ?
On pourrait se réjouir de telles déclarations, mais ce serait nier l’ampleur des problèmes.
D’après un plan d’action sur la santé materno-infantile proposé par le secrétaire général des Nations Unies M. Ban Ki Moon, en vue du Sommet du Millénaire de septembre, il faudrait pour atteindre les OMD 4 et 5 ajouter plus de 15 milliards de dollars annuels (tout type de financement confondu :bilateral, multilatéral, secteur privé). Sur ces 15 milliards, on estimerait à environ 4 milliards la contribution du G8.
En d’autres termes Ban Ki Moon, demande un doublement de l’aide, le G8, par cette initiative, n’en propose qu’un quart. Il manque donc 3 milliards par an pour atteindre les OMD visés.
L’initiative est aussi présentée comme un catalyseur de financement, un fond incitant les autres nations ou les fondations, à contribuer à améliorer la santé materno- infantile. Si l’heure n’est pas au bilan, on peut douter de la capacité des Etats riches, faibles contributeurs in fine, à créer une émulation mondiale. Rappelons que la fondation Gates est aujourd’hui le plus gros contributeur devant le Canada, avec respectivement 1,5 milliards et 1,1 milliards sur cinq ans.
Des déclarations chiffrées mais aucun détail.
Outre la faiblesse des financements, l’initiative de Muskoka apparait aussi maigre concernant les détails de son plan d’action et les canaux de financements qui seront utilisés.
Alors que la transparence semble être le nouveau mot d’ordre de la communauté internationale, nous n’avons aucune information concernant le décaissement des 5 milliards annoncés. Va-t-on passer par des agences multilatérales ou par des accords bilatéraux, par des partenariats public-privés ?
Par ailleurs si on connaît les objectifs à atteindre pour les OMD 4 et 5 (réduire de 75% la mortalité maternelle et de 67% la mortalité infantile), l’initiative Muskoka ne fait aucune mention des stratégies pour y arriver. Quid du renforcement des systèmes de santé, de l’accessibilité financière et de l’avortement médicalisé, facteurs déterminants dans l’atteinte des OMD santé ?
Ce sommet devait être celui de la santé maternelle et infantile. David harper en l’annonçant à crée des attentes auxquelles il n’a, malheureusement, pas purépondre.Après le déçevant draft de la déclaration finale pour le Sommet des Objectifs du Millénaire en septembre qui vient de circuler, l’absence d’engagement de l’Union Européenne dans son plan d’action pour atteindre les Objectifs du Millénaire,la déclaration finale du G8 confirme le manque de volonté politique des dirigeants des huit plus grosses économies du monde. Il reste deux mois à nos décideurs pour redresser la barre et prendre les mesures indispensables qui permettront d’améliorer la santé dans le monde.
Retrouvez cet article sur le site d'Action for global health ainsi que des informations complémentaires sur le site d'Oxfam France.